Sur les bâtiments tertiaires que nous auditons, huit sur dix sont en classe C ou D. La GTB n’est pas en panne. Simplement, personne n’a jamais pris le temps de l’évaluer. Le superviseur affiche des courbes, le mainteneur passe deux fois par an, la facture d’énergie arrive. Tout marche. Et le bâtiment n’est pas conforme, avec quinze à vingt-cinq pour cent d’économies qui dorment dans une programmation que personne n’a revue depuis la livraison.
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TogglePourquoi faire un audit
Depuis le 1er janvier 2025, le décret BACS impose une GTB capable de piloter, réguler, alerter et optimiser dans les bâtiments tertiaires dont la puissance de chauffage ou de climatisation dépasse 290 kW. Pour la tranche entre 70 et 290 kW, le décret du 26 décembre 2025 a repoussé l’échéance au 1er janvier 2030. Beaucoup de propriétaires ont lu ce report comme une pause. Ce n’en est pas une. Le texte reste, l’exigence est confirmée, et le délai sert à ceux qui s’en servent.
Un propriétaire qui arrive à l’échéance sans conformité s’expose à une mise en demeure par la DREAL et à une amende par bâtiment. Mais le vrai coût est ailleurs : la fiche CEE BAT-TH-116, qui finance la mise à niveau d’une GTB, exige un état initial documenté. Sans audit, le dossier est refusé, et selon la surface ce sont 20 000 à 200 000 euros de certificats qui s’évaporent.
À l’inverse, celui qui audite sait où il en est, connaît l’écart en euros, et découvre assez souvent que le gain ne demande pas de remplacer un seul équipement. Nous avons vu un centre commercial de 45 000 m², dont l’exploitant nous assurait que la GTB marchait très bien, ressortir en classe C avec un quart de sa consommation récupérable par reprogrammation.
Comment ça se passe
Dix jours avant la visite, on rassemble les documents : plans, inventaire des équipements de chauffage et de climatisation, contrats de maintenance, documentation de la supervision, trois ans de consommations. Puis vient la visite sur site, d’une demi-journée pour un petit bâtiment à deux jours pour un grand. On inspecte les équipements et on note chaque fonction de la GTB de 0 à 3 selon la grille de la norme ISO 52120-1, qui a remplacé l’ancienne EN 15232.
De cette grille sort la classe. D, aucune automatisation. C, une régulation de base. B, une régulation avancée avec optimisation globale, c’est le niveau visé. A, une optimisation continue. Le rapport arrive dix à quinze jours plus tard avec les fonctions conformes et manquantes, les travaux chiffrés, l’éligibilité aux CEE et le retour sur investissement à cinq et dix ans. Une réunion d’une heure avec le maître d’ouvrage, le gestionnaire technique et le mainteneur clôt l’exercice et fixe les priorités. Pour se faire une idée avant même de nous appeler, nous avons mis en ligne le simulateur de classe BACS que nous utilisons en interne ; en deux minutes il donne la classe probable et les fonctions qui manquent.
Combien ça coûte
Le prix dépend de la surface et de la complexité des installations. En ordre de grandeur, comptez 1 500 à 2 500 euros hors taxes en dessous de 1 000 m², 2 500 à 5 000 jusqu’à 5 000 m², 5 000 à 10 000 jusqu’à 15 000 m², et 10 000 à 25 000 au-delà. Rapporté aux certificats qu’il débloque et à la consommation qu’il permet de récupérer, l’audit est remboursé par ce qu’il déclenche. Le déroulement complet et la grille sont détaillés sur la page audit BACS de Smart Tech Engineering.
Et après
Trois situations, trois suites. Le bâtiment est en classe B ou mieux : l’attestation est délivrée, il reste à maintenir ce niveau et à le prouver. Le bâtiment est en classe C, le cas le plus fréquent et le plus rentable : la conformité passe par la programmation et quelques points de mesure supplémentaires, et le plan de travaux se contractualise avec un obligé CEE avant le premier coup de tournevis, sinon les certificats sont perdus. Le bâtiment est en classe D : il faut un vrai projet GTB, avec cahier des charges, consultation, suivi et réception, et l’audit devient le document de référence de toute l’opération.
Dans les trois cas, le propriétaire sort avec un chiffre, un calendrier et un financement. C’est toute la différence entre subir 2030 et s’en servir.